Porter les enjeux de l’air, de l’énergie et du climat dans une carte communale

 

FICHE THÉMATIQUE :

Bien qu’étant un document simple et limité en termes d’outils mobilisables, la carte communale dispose de certains outils de diagnostic et d’action pour intégrer les enjeux liés à l’air, à l’énergie et au climat. En particulier, au regard des différentes parties qui composent la carte communale :

- Le rapport de présentation,

qui est la partie de la carte communale permettant d’expliquer comment le projet s’est construit :

  • Expose les prévisions de développement, notamment en matière économique et démographique ;
  • Analyse l’état initial de l’environnement (air, énergie, climat…) ;
  • Explique les choix retenus, notamment au regard des objectifs et des principes définis aux articles L. 101-1 et L. 101-2 du code de l’urbanisme, pour la délimitation des secteurs où les constructions sont autorisées et justifie, en cas de révision, les changements apportés, le cas échéant, à ces délimitations. Or, ces articles incluent notamment les principes :
    • de lutte contre le changement climatique et d’adaptation à ce changement,
    • de réduction des émissions de gaz à effet de serre,
    • d’économie des ressources fossiles,
    • de maîtrise de l’énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables,
    • de préservation de la qualité de l’air… ;
  • Évalue les incidences des choix de la carte communale sur l’environnement (dont font partie les enjeux "air, énergie, climat") et expose la manière dont la carte prend en compte le souci de sa préservation et de sa mise en valeur.

Lorsque la carte communale est soumise à évaluation environnementale, le rapport de présentation, en complément des éléments décrits ci-dessus :

  • Décrit l’articulation de la carte avec les autres documents d’urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l’article L. 122-4 du code de l’environnement avec lesquels elle doit être compatible ou qu’elle doit prendre en considération. Or, certains de ces documents d’urbanisme ou plans comprennent des orientations en matière d’air, d’énergie et de climat… ;
  • Analyse les perspectives de l’évolution de l’environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d’être touchées de manière notable par la mise en œuvre de la carte communale ;
  • Analyse les incidences notables probables de la mise en œuvre de la carte sur l’environnement et expose les conséquences éventuelles de l’adoption de la carte sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l’environnement ;
  • Expose les motifs de la délimitation des secteurs, au regard notamment des objectifs de protection de l’environnement établis au niveau international, communautaire ou national, et, le cas échéant, les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du territoire concerné par la carte communale ;
  • Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s’il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre de la carte communale sur l’environnement (ex : quels impacts sur l’air, l’énergie, le climat… ?) ;
  • Définit des critères, indicateurs et modalités qui devront être retenus pour suivre les effets de la carte sur l’environnement afin d’identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées ;
  • Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l’évaluation a été effectuée.

- Le ou les document(s) graphique(s)

opposable(s) aux autorisations d’urbanisme (obligation de respect), délimite(nt) principalement :

  • les secteurs où les constructions sont autorisées
  • et les secteurs où les constructions ne sont pas admises sauf exceptions (dont certaines pour permettre le fonctionnement des exploitations agricoles, etc.)

Le ou les documents graphiques peuvent également :

  • préciser qu’un secteur est réservé à l’implantation d’activités, notamment celles qui sont incompatibles avec le voisinage des zones habitées ;
  • délimiter, s’il y a lieu, les secteurs dans lesquels la reconstruction à l’identique d’un bâtiment détruit par un sinistre n’est pas autorisée…

Globalement, la délimitation des secteurs constructibles et non constructibles (sauf exceptions) reste la pierre angulaire de la carte communale :

- La localisation, la taille et les limites retenues pour chaque secteur constructible, la capacité d’accueil des populations et des activités qui en résultent, ainsi que le nombre et la répartition de ces secteurs :
- les uns par rapport aux autres,
- par rapport à l’urbanisation des territoires limitrophes,
- et par rapport aux enjeux en matière d’air, d’énergie ou/ou de climat repérés sur le territoire communal ou à proximité directe
(ex : proximité d’une source de pollution atmosphérique de type routière ou autre…),
peuvent en effet avoir une incidence notable sur l’air, l’énergie et/ou le climat en termes :

  • de capacité du territoire à mobiliser certains leviers existants en matière d’air, d’énergie et/ou de climat. Par exemple : les choix précités pour les secteurs constructibles (localisation, taille, nombre…) influent :
    • sur le degré de proximité entre les différents lieux de vie des habitants (habitation, lieu de travail, école…), à l’échelle communale et au-delà (pour les lieux de vie situés hors de la commune), et donc notamment sur la capacité à diminuer ou pas les obligations de déplacements automobiles en nombre, en distance et en temps (levier air + énergie + climat) ;
    • sur le degré de proximité des constructions entre elles et sur les potentiels d’économie d’énergie qui peuvent en résulter, etc. ;
  • de consommation d’espace, donc de perte potentielle de capacité de certains espaces naturels, agricoles et forestiers à continuer de rendre certains services au territoire en matière d’énergie (sources d’énergies - bois…), d’air (purification et maintien de la qualité de l’air…), et/ou de lutte contre le changement climatique et d’adaptation à ce changement (piégeage du carbone, régulation du climat global et local, régulation et maintien de la qualité de l’eau, etc.) ;
  • d’exposition ou non des population à certaines sources de pollution. Par exemple : localisation de secteurs constructibles à proximité de certaines sources de pollution atmosphériques existantes (de type industriel, infrastructure routière à fort trafic ou autre). L’éventuelle délimitation de secteurs constructibles le long de certains axes routiers (visés à l’article L. 111-6 du code de l’urbanisme) est ainsi encadrée, avec entre autres une étude préalable à mener… ;
  • etc.

Selon les choix retenus pour ce ou ces secteur(s) constructible(s), la carte communale peut ainsi :

  • avoir des incidences positives, négatives ou neutres au regard des enjeux liés à l’air, à l’énergie et au climat,
  • éviter les impacts négatifs potentiels identifiés, etc.

Textes de référence :
Principalement les articles L. 161-4, R. 161-1, R. 161-2 à R. 161-3 et R. 161-4 à R. 161-7 du code de du code de l’urbanisme

NB : Les liens ci-dessus vers le code de l’urbanisme sont permanents. Ils proposent donc une actualisation automatique des articles du code au fur et à mesure des évolutions législatives et réglementaires.

Dernières évolutions de ces textes :
Voir les dernières évolutions indiquées dans notre présentation générale de la carte communale

Date de mise à jour :
Cerema, Sarah Olei - 10/08/2020

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